Accouchement à domicile : mon témoignage

Accouchement à domicile (AAD) : voici mon témoignage

Après un premier accouchement en maternité très loin de mes espérances et dont je garde un souvenir assez traumatisant, j’ai eu envie d’autre chose pour la naissance de mon deuxième enfant. Moins de médicalisation, un environnement plus doux, un accompagnement aux petits soins… Dans cet article, je vous fais part de mon cheminement et de mon témoignage d’accouchement à domicile (AAD).

Les photos de cet article sont uniquement illustratives, ce ne sont pas des photos de mon accouchement (j’en ai très peu et elles ne sont pas très belles, malheureusement !)

Prendre la décision d’accoucher à domicile

Quand je suis tombée enceinte pour la deuxième fois, je savais que je ne voulais pas revivre le même type d’accouchement que pour mon premier (déclenchement, péridurale, poussée dirigée en position gynécologique, déchirure…, bref la totale !). Mais de là à sauter le pas de l’AAD, ce n’était pas si évident. Les peurs sont tenaces, j’en ai beaucoup parlé dans cet article, complémentaire à celui que vous êtes en train de lire.

Par chance, je venais alors d’emménager dans la Drôme, où exercent plusieurs sage-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile. Ici, accoucher à la maison est presque une normalité ! D’ailleurs, j’ai assez vite fait connaissance avec des mamans qui avaient vécu un ou plusieurs AAD. Cela m’a permis d’échanger avec elles, ce qui a été très précieux pour moi.

Pour mon suivi de grossesse, j’ai donc choisi un binôme de sage-femmes qui accompagnent les accouchements à domicile, même si je n’avais encore aucune certitude sur mon choix. Comme elles me l’ont répété à de nombreuses reprises, on peut changer d’avis jusqu’au dernier moment, il n’y a aucun problème !

Au fur et à mesure du suivi, et de la confiance qui s’installait entre nous, ainsi que grâce à mes nombreuses lectures sur le sujet de l’accouchement j’ai assez naturellement cheminé vers l’accouchement à domicile.

Le suivi de grossesse pour un AAD

Comme je l’expliquais, j’ai été suivi pendant toute la grossesse par un extraordinaire binôme de sage-femmes. C’est ce qu’on appelle l’accompagnement global. Chaque mois, le rendez-vous durait près d’une heure, pendant laquelle nous pouvions discuter de tout, tranquillement. Aussi bien des aspects médicaux que psychologiques, tout comme des petites difficultés du quotidien de femme enceinte. je me suis toujours sentie écoutée et respectée. Rien à voir avec le suivi de ma première grossesse par un gynéco toujours pressé qui expédiait les rendez-vous en dix minutes à tout casser : “Vous avez des questions ? Non ? Alors au mois prochain, au revoir.” Je n’avais même pas le temps de réfléchir à une éventuelle question !

Avec mes sage-femmes, pas de contrôle systématique du col à chaque rendez-vous, pas de test de glycémie à vomir… J’ai fait les 3 échographies auprès d’une autre sage-femme qui était équipée et formée pour ça, et je n’ai jamais mis les pieds chez un gynécologue de toute la grossesse. Je précise que tout cela n’est possible que si la grossesse se passe parfaitement bien. En cas de pathologie ou du moindre doute, les sage-femmes renvoient bien évidemment vers un gynécologue.

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Accompagnement global en vue d'un accouchement à domicile (AAD)

Accouchement à domicile : le jour J

Le travail

Le 1er décembre dans l’après-midi, jour de mon terme, j’ai pas mal de contractions et elles me semblent un peu plus fortes que d’habitude. J’ai eu beaucoup de contractions pendant toute la grossesse alors j’essaye de ne pas m’emballer, on verra bien ! Vers 15h, je lance un chronomètre pour avoir une idée : elles sont toutes les 5 à 7 minutes et l’intensité ne diminue pas. Je commence à y croire !

Vers 16h, j’envoie un message à ma SF de garde (que j’appellerai Ma) pour la prévenir que le travail se met en route. Cette fois, c’est sûr, c’est bien pour ce soir ! J’essaye de continuer une vie normale tant que les contractions ne sont pas trop fortes. Vers 17h30, je vais même chercher un colis au point relais !

À 18h, les contractions deviennent plus fortes, je vais dans la chambre à chaque fois pour souffler tranquillement, sans que cela inquiète mon fils aîné. Ju (mon chéri) et ma maman le font vite manger et préparent les affaires pour la nuit. Nous avions prévu qu’en cas d’accouchement nocturne, il aille dormir avec sa grand-mère chez de la famille à nous qui vit pas très loin. Ils partent vers 19h après un gros câlin.

Je suis soulagée d’être tranquille et en même temps, le départ de mon petit chou me donne un grand coup de stress… Et si ça se passait mal ? Et s’il m’arrivait quelque chose et que je ne le revoie jamais ? Ju me rassure comme il peut, je pleure un petit coup et puis ça passe. Il en profite pour aller manger un petit quelque chose pendant que j’arrive encore à gérer les contractions seule. J’envoie un message à Ma pour lui confirmer que c’est bien pour ce soir.

Je m’installe un petit cocon dans la chambre : j’allume des bougies et une petite lumière tamisée. J’installe mon ballon et mon tapis de yoga. J’enfile des vêtements confortables et je lance une playlist de relaxation. Je monte le chauffage à 24 pour être bien à l’aise. Tout est prêt. Je suis dans ma bulle.

Je souffle bien à chaque contraction et je commence déjà à faire des vocalises, ça m’aide beaucoup. J’essaye de rester détendue et de profiter de chaque pause pour me reposer, relâcher mes muscles.

Ju me rejoint dès qu’il a fini de manger. Nous commençons alors une sorte de danse prénatale en amoureux. Nous alternons les postures en s’inspirant de la préparation à l’accouchement : sur le ballon, suspendue à son cou, accroupie en suspension avec l’écharpe.

Il m’appuie sur le sacrum très fort à chaque contraction, ça fait un bien fou ! Entre deux vagues, je me repose sur lui, presque assoupie. 

Vers 20h30, je m’inquiète un peu. Et si mon bébé supportait mal les contractions ? Ju appelle Ma pour savoir si elle pense qu’il faut vérifier que le cœur va bien à un moment. Elle répond que ce n’est pas la peine, si bébé bouge c’est que tout va bien ! Elle va faire une petite sieste en attendant qu’on ait besoin d’elle.

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Les contractions s’enchaînent, c’est intense mais c’est supportable si je les « prends » comme il faut. C’est comme une grosse vague que je dois surfer : si je la vois arriver et que je commence à nager avec mes bras avant qu’elle arrive, je glisse dessus et tout se passe bien. Si je rate le coche, je me fais prendre dans le tourbillon du rouleau et je bois la tasse ! Ce qui m’aide vraiment, ce sont les sons. Je fais des ooohhhhhh et des aaaaahhhhhh très graves et de plus en plus fort au fur et à mesure que le travail progresse.

Vers 21h30 ou 22h, je décide d’aller prendre une douche. L’eau chaude me détend et m’aide bien pendant les quelques contractions que je passe dans la douche. Je perds le bouchon muqueux à ce moment-là.

Nous reprenons ensuite notre petite danse, dans notre bulle. Contraction-repos-contraction-repos… Vers 23h, je commence à trouver le temps long et j’ai peur que le travail n’avance pas, de n’être encore qu’à 2 ou 3 cm… Je demande à Ju d’appeler Ma. En fait, je l’apprendrai plus tard, mais j’arrive dans la fameuse phase de désespérance.

Notre sage-femme arrive à 23h35. Elle se fait toute discrète, mais c’est bizarre de se retrouver à trois tout d’un coup. Elle vérifie juste que bébé va bien en écoutant son cœur pendant deux contractions, puis retourne au salon pour nous laisser tranquilles.

Ambiance cocooning pour accouchement à domicile

L’expulsion

Vers 0h15, je n’en peux plus, je demande à Ju d’aller chercher Ma pour qu’elle m’examine. J’ai besoin de savoir où j’en suis pour trouver la force de continuer. Nous attendons que la contraction soit passée. Elle a du mal à trouver mon col, elle insiste pas mal. Puis, finalement, elle dit « je crois que tu es complètement ouverte et que la tête commence à descendre ». Je n’arrive pas trop à y croire.

Sur ce, une contraction arrive et comme je ne me suis pas préparée, je la subis de plein fouet. A peine finie, une autre arrive. Je ne suis toujours pas dans une bonne position, à genoux sur le lit, les mains sur mes cuisses mais je n’ai pas le temps de bouger. A ce moment-là, la poche des eaux se rompt et la douleur devient d’un coup beaucoup plus violente. Je vocalise toujours mais je n’arrive pas à reprendre mon souffle, c’est tellement intense ! Je sens mon bébé descendre dans mon bassin, je n’ai même pas le temps de réaliser ce qui se passe. Je crie « je vais faire caca ! ». Ma me dit « c’est pas grave, vas-y lâche tout ! », puis elle dit « ça va vite, il arrive ! » et part en courant chercher des gants de toilette chauds pour le passage du périnée.

Elle a à peine le temps de les appliquer, que je sens la tête qui étire le périnée…et qui passe dans la foulée. J’ai tout juste senti le fameux « cercle de feu ». Puis la contraction passe et tu restes quelques instants comme ça, la tête sortie et le reste du corps à l’intérieur. Je m’inquiète : « il est bloqué ?! ». Ma me rassure : « Non non, il va bien, mets-toi à quatre pattes ». La contraction suivante arrive. Les épaules passent, puis le reste du corps glisse tout seul. Ma accompagne la « chute » sur le lit. Ju me spoil : « Oh, on a un petit garçon ! ».

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J. (mon bébé) fait un tout petit cri et regarde autour de lui. Je le regarde, je n’ai pas la force de le prendre tout de suite. Ju et Ma m’aident à m’allonger, puis Ju prend notre fils pour le mettre sur mon ventre. Ouf, je peux souffler un peu !

La délivrance

Nous restons un peu de temps comme ça, en peau à peau. J. cherche un peu le sein. Nous attendons que le cordon cesse de battre, puis Ju et Ma le clampent et le coupent. 

Elle m’invite ensuite à me mettre sur le tabouret d’accouchement pour la délivrance. Ma a l’air un peu pressée de voir le placenta sortir. Au bout d’une trentaine de minutes, il finit par venir et ouf !, il est bien entier.

Tout va bien, je peux me rallonger. Ma vérifie mon périnée : j’ai deux petites déchirures mais qui ne nécessitent pas de points. Je suis soulagée. Elle pèse J : 3,830 kg, un beau bébé !

Témoignage d'accouchement à domicile

Les premiers moments magiques

Ma part environ 2 heures après la naissance, après avoir tout rangé et nettoyé. Nous restons tous les trois. J. passe sa première fin de nuit en peau à peau sur mon ventre et au sein. Il ne pleure pas, il est très zen. Nous profitons de ces premiers moments dans notre bulle, c’est magique

Cette naissance a été encore plus belle que tout ce que nous avions imaginé. Nous sommes heureux d’avoir pu offrir ce cadeau à notre fils pour bien démarrer dans la vie. Je suis fière de ce que j’ai accompli en tant que femme et que mère, d’avoir pu connaitre la puissance d’un accouchement naturel. Je suis aussi fière de Ju qui a été un partenaire incroyable tout au long de l’accouchement et qui est un père merveilleux. Et enfin, je serai éternellement reconnaissante à nos sages-femmes, qui prennent des risques importants pour permettre à des enfants de naître à la maison.

J’espère que mon témoignage d’accouchement à domicile vous aura inspirée et peut-être rassurée. Si je devais choisir entre revivre mon premier accouchement sous péridurale ou le deuxième à la maison, je n’hésiterais pas une seule seconde. Pour lire d’autres témoignages d’AAD, vous pouvez lire Intimes Naissances de Juliette et Cécile Collonge (il n’est plus édité mais vous pouvez le trouver en occasion ou en format numérique). Enfanter à la maison, dans sa bulle et loin de la médicalisation à outrance est une expérience que je souhaite à toutes les femmes qui en ont l’envie et la possibilité.

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6 réflexions sur “Accouchement à domicile : mon témoignage”

  1. Bravo Chloé, Merci pour ce témoignage.
    En tant que mari, j’ai eu la chance d’accompagner mon épouse lors de ses quatre accouchements sans péridurale et je comprends bien cette danse que tu décris avec ton mari qui te soulage comme il peut.
    Après un accouchement à la maternité, deux autres en maison de naissance, le dernier a eu lieu dans notre chambre et c’était véritablement magique. Au travers de ton témoignage, j’ai re-vécu la naissance de ma petite dernière. J’ai surtout repensé à l’admiration que j’ai pour mon épouse et pour toutes celles qui comme toi font le choix d’un accouchement naturel.
    Bravo 🙂

  2. Merci infiniment d’avoir partagé ce moment si précieux, c’est très émouvant ! Personnellement j’aurais aimé accoucher chez moi pour ma deuxième fille mais comme j’habite à une heure de route de la maternité, nous avons estimé que le risque était trop important. Mais j’ai tout de même pu vivre un accouchement merveilleux où tous mes souhaits ont été respectés: lumière tamisée, toujours la même sage-femme, pas de péridurale et être soutenue dans ce sens, j’avais rédigé un projet de naissance. En deux heures très intenses, ma fille était là ! J’en ai un souvenir absolument merveilleux et l’ai vécu presque comme si j’avais été à la maison. Des livres m’ont aidée dans ce choix d’accouchement non médicalisé (dans la mesure du possible, j’en ai conscience) et je vous les recommande : écrits par une sage-femme : Maïtié Trelaun “j’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur” et “se préparer en couple à l’accouchement”. Cela m’a permis de prendre conscience de mes capacités à accoucher naturellement et confiance en moi.

    1. Génial si tu as pu avoir un accouchement comme tu le souhaitais en maternité ! Oui ces livres sont top, j’ai aussi mis une sélection de livres chouettes sur l’accouchement dans mon article plus général sur l’AAD, n’hésite pas à aller voir !

  3. Incroyable témoignage, merci. C’est vrai qu’un accouchement à la maison peut faire peur, même si c’est ce que je voudrais le moment venu ! C’est bon de savoir que c’est possible et qu’on peut le faire de façon accompagnée et encadrée par de super sages femmes !

  4. Quel beau témoignage. Merci de nous le partager. Offrir une naissance si douce et magique à votre trésor est un merveilleux cadeau que vous lui avez offert pour démarrer dans la vie 🌸

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